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UNE INVITATION LANCÉE PAR DES ENFANTS EN CE 11 NOVEMBRE


Plantons le décor. Une petite ville de deux mille trois cents habitants. Un clairon, une trompette et un tambour. Un Monument aux Morts, des personnalités réunies devant un public de tous âges. Des discours, des fleurs.  C'est une de ces traditionnelles cérémonies dite du Souvenir. 

Et bientôt le Souvenir va laisser la place à l'Espoir. 
Ils sont là, une bonne vingtaine, ils ont entre sept et onze ans, ils fréquentent l'école primaire du coin. Ils attendent patiemment leur tour. 

Voilà, c'est à eux. De leur voix fluette et claire ils entonnent la Marseillaise. Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé…
A leurs côtés, l'une de leurs enseignants commentera plus tard: “On leur apprend les valeurs de la République”. Comme si il était nécessaire aujourd'hui de préciser que cela se pratiquerait encore dans les écoles de France.

Après Rouget de Lisle c'est le chanteur Renaud qui est à l'honneur.
Les enfants, avec la même ferveur, reprennent les refrains de sa ballade nord-irlandaise:
J'ai voulu planter un oranger
(Là où la chanson n'en verra jamais
Là où les arbres n'ont jamais donné
Que des grenades dégoupillées)

Le public prête l'oreille pour mieux entendre:
J'ai dit aux hommes qui se battaient
Je viens d'planter un oranger

Personne n'a jamais planté un oranger au bord du littoral boulonnais. Alors les jeunes enchaînent de plus belle:
Buvons un verre, allons pêcher
Pas une guerre ne va durer
Lorsque la bière et l'amitié
Et la musique nous feront chanter

A l'inverse du public, les gosses avaient eu le temps, lors des répétitions, de s'imprégner des paroles de leurs chansons, d'en chercher le sens et la portée, avant de les interpréter devant un public également constitué de leurs parents. Près de dix pour cent de la population du village avait fait le déplacement autour du Monument aux Morts pour cette occasion. C'est assez remarquable. Même le diacre était venu pour adresser un message de paix à tous les présents, y compris à ceux qui ne partageaient pas sa foi. Une cérémonie oecuménique s'il en est.

Auparavant le maire et d'autres personnalités avaient, comme il se doit, rappelé le contexte de ce 11 novembre. Cette horrible guerre dont certains nous promettaient qu'elle serait la dernière. Alors que, depuis, d'autres se sont évertués à démentir cette promesse. Comme d'autres, y compris chez nous, tentent encore de le faire, ne serait-ce qu'en mettant outrageusement en scène leur petit Manuel de guerre…

La leçon de cette histoire c'est que les enfants d'aujourd'hui, pour peu qu'on les y entraîne, peuvent comprendre les valeurs qui ont fait cette France où nous sommes et perpétuer une tradition une fois et demi millénaire. Ils peuvent aussi inviter à partager ces valeurs qui sont les nôtres..

C'était ce mardi 11 novembre, sur le territoire de la commune d'Equihen-Plage. L'indispensable Souvenir avait laissé la place à l'irremplaçable Espoir, et ça fait du bien. 


 

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