COUCOU, JE PASSE À LA TÉLÉ
Scène peu coutumière ce lundi là au tribunal de Boulogne, Jordy passe à la télé.
Il est actuellement en détention pour des faits de vols par ruse commis par effraction ou escalade. Son procès est prévu pour le mois de janvier prochain mais Jordy a mieux à faire que de mijoter dans une cellule, on le comprend. Car Jordy est un homme d’affaires, il a plusieurs chantiers actuellement en cours et il aimerait bien garder le contact avec ses clients, exprime-t-il. Et puis aussi il aimerait bien pouvoir mieux préparer sa défense car, bien sûr, il s’estime accusé à tort.
C’est pour cela qu’il a adressé une requête au tribunal afin d’obtenir une remise en liberté, même provisoire. Mais voilà, plutôt que de l’autoriser à sortir provisoirement de prison pour s’exprimer de vive voix et plaider sa cause, la justice a préféré l’entendre en une sorte de visio conférence. C’est donc via une caméra et un micro que Jordy apparaît sur l’écran accroché dans la salle d’audience. Il est assis à une table, dans un studio improvisé à l'intérieur de la prison qui l’accueille, à cent kilomètres de là.
Si, comme le disait Andy Wharol, chacun a droit à son quart d’heure de célébrité, pour notre Jordy, homonyme de l’inoubliable interprète de « dur, dur d’être un bébé », c’était peut-être ce 2 décembre.
Car il a la tchatche, Jordy, quand il explique à « Madame la juge » qu’il n’est pour rien dans la série de huit méfaits commis par escalade, lui qui se contente de monter des échafaudages pour réaliser des travaux. Ce n’est quand même pas sa faute si des gens dont l’appartement était situé près de ces échafaudages ont été victimes de vols de bijoux, voire même de dents en or (si, si) d’après les procès verbaux lus par la présidente du tribunal.
Il a la tchatche, Jordy, quand, en visionnage, on le voit et l’entend soutenir qu’il est même prêt à verser une caution pour être remis en liberté, ne serait-ce que quelques jours.
Mais il en faut bien davantage pour convaincre les trois magistrates qui composent le tribunal du jour. Après un bref délibéré elles confirment donner rendez vous à Jordy dans un peu plus d’un mois pour une audience en présentiel comme on dit désormais. Dommage pour le public qui, ce jour-là, ne le verra plus que de dos et aura beaucoup de difficultés à entendre sa voix. Dans les procès avec comparution du prévenu, la salle d’audience est beaucoup moins bien sonorisée que lors des apparitions télévisées.
Quant à Jordy, saura-t-il mieux convaincre son auditoire en face à face plutôt qu’en visio. C’est là tout l’intérêt du prochain procès en présentiel.
Tout ne se passe pas toujours comme prévu dans les prétoires.
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