LE MONDE AGRICOLE AU PIED DU MUR ?
Dès le début de l'année 2026, il faudra agir, soutenir nos agriculteurs, renforcer notre économie en simplifiant les règles pour nos entrepreneurs comme pour nos agriculteurs".
C'est tout! C'est tout ce que macron a trouvé comme message à envoyer à une profession au bord de l'agonie.
Cinq fois plus de suicidés dans le monde agricole que chez les autres catégories socio-professionnelles françaises pourtant également malmenées par cette Europe bureaucratique mortifère! Avec les encouragements de nos présidents de la république successifs. La palme du mépris et de l'arrogance revenant au dernier titulaire en place.

Ce mercredi 30 décembre, face à la sous-préfecture de Boulogne/mer, l'ambiance générale semblait pourtant bon enfant. En l'absence de CRS, les policiers locaux apparaissaient davantage en spectateurs complaisants plutôt qu'en agents du maintien d'un ordre idiot*. Vue de loin cette manifestation aurait même pu être qualifiée de sympathique, au point d'y inviter à partager le verre (vin chaud ou café)de l'amitié entre les deux camps présumés.

Alors, bien sûr, le leader départemental de la Coordination rurale a annoncé que dès le début du mois de janvier, le “combat” allait reprendre, sans plus de précisions. Mais quand on échangeait, en aparté, avec des bonnets jaunes, on entendait un autre discours.
“Cela n'a servi à rien ce qu'on a fait depuis des semaines. On emmerde les citoyens mais le pouvoir, lui, il s'en fout. Vous avez vu comment nos collègues del'Ariège ont cédé alors qu'ils avaient promis de ne pas bouger. (NB: malgré une forte mobilisation un troupeau entier de vaches saines a été abattu). Regardez, là! On est devant la préfecture, on se les gèle mais le représentant de l'Etat, lui, il est resté bien au chaud à l'intérieur et il n'est pas venu nous voir. Il rigole même pas. Il s'en fout. C''est tout”.
Un autre confiait. “On va être au pied du mur bientôt. Si on recommence à faire des blocages et qu'on n'obtient rien, jusqu'où on va?”
On aurait pu lui répondre que la FNSEA trouvera sans doute prochainement des motifs de satisfaction à de prétendues décisions qui ne feront, à terme, qu'aggraver la situation… Et chacun retournera à ses sillons. Mais ce n'était pas le moment de sabrer le moral des troupes alors que certains laissaient entendre que de nouveaux modes d'action étaient envisagés. Au cas où, on ne tarderait pas à en savoir plus.
Enfin, parmi les présents, nombreux escomptaient encore recevoir le soutien d'une partie de la population lors des prochaines semaines…
Un fait apparaissait toutefois évident: l'agriculture française est désormais face à son destin. Et la France par la même occasion. Le temps n'est plus à l'apathie…
Mercredi soir, en entrant à pied dans la vieille ville avec leurs bougies, des agriculteurs déclamaient avec force cette strophe de notre hymne national: Marchons, marchons, qu'un sang impur abreuve nos sillons. Pas au sens propre, quand même!

En attendant, dès la semaine prochaine, nos lilliputiens de politiciens se disputeront comme des chiffonniers dérisoires autour d'un budget tout en apparence.
Appâts rances, tout n'est qu'appâts rances.
ndlr: *à propos de ordre idiot : Oui, dans ce pays, il suffit de déclarer suffisamment tôt à la préfecture que l'on va bloquer la circulation pour que, ce qui est une infraction, voire un délit, devienne soudain légal et protégé par les forces du désordre autorisé.
Légal? Au moins jusqu'à ce qu'un contre-ordre ne vienne transformer les paisibles bloqueurs en dangereux activistes qu'il faut chasser manu militari. Et tant pis pour les pertes et les dégâts!