PAR ICI LA GALETTE
Le Journaliste: Ah, bonjour mon cher Margat. Tu joues au Petit Chaperon rouge en ce dimanche à ce que je vois?
Le Margat : Pon du tout. Et pis quo qu’c’est qui vous fait dire ça?
L.J.: Eh bien je vois que tu portes une galette et je pourrais croire que c’est pour ta Grand-Mère comme dans le conte de Charles Perrault
L.M.: Eh, ben, non, l’galette c’étoit pour l’apporter à m’copine Fanny. Et pis…
L.J.: Holà, je te sens déçu, que s’est-il passé?
L.M.:: Et pis in m’rendant chez m’copine j’ai rincontraïe un copain qu’j’avois pon vu ed’pis des lustres.
L.J.: Oui, et alors?
L.M.: Et pis on a discutaïe un momint su’l’trottoir et comme y faisoit froid on est partis boire un café au bistrot du coin. Et pis on a continuaïe à s'raconter nos vies…
L.J.: Oui, et alors?
L.M.: Et pis j’ai pon vu l’timps passer. Et pis quand que j’sus t’arrivaïe à l’maison de m’copine…
L.J.: Que s’est-il passé?
L.M.: Et pis Fanny, c’étoit déjà fini.
L.J.: Ooohh! Tu veux dire que ta copine t’a quitté..?
L.M. : Nan! On n'mécoutoit pon! L’ E-pi-pha-nie! El’fête d'el’galette… Ah ah, ah, j’vous ai ben eu, hein?
L.J.: Ah! L’épiphanie! J’avoue que je ne l’avais pas vu venir celle-là. Mais tu connais l’Epiphanie, toi?
L.M.: Ben sûr, c’est l’fête du jour d’où qu’les trois mages y sont venus apporter des cadeaux au P’tit Jésus. Même qui z’étoient rudemint in r’tard parce que les cadeaux aux éfants c’est à Noël qu’on les fait, pon l’quate janvier.
L.J.: Là, je sens que tu es en train de te payer ma tête.
L.M.: Eh, ui! J’ai décidaïe que c’t’année j’allois faire comme tous les gins qui nous gouvernent et qui s’in foutent plein les poches. Mi aussi j’vais racontaïe n’importe quoi. Pisque ça leur réussit, j’vois pon pourquoi ça n’seroit pon min tour ed’r’amasser l’galette!
L.J. : Ramasser quoi?
L.M. : La galette!. El'pognon si on préférez. C'est drôle, nan?
L.J.: Je ne voudrais pas te décourager mais tu sais que cens gens-là ont une sacrée avance sur toi.
L.M.: Ui mais mi j’ai trouvaïe un bon professeur. J’m’arpasse in boucle tous les discours des voeux ed’macron.
L.J.: Sacré Margat, c’est bien vu. Allez, bon courage. Et bonne année quand même…