JUSTICE: une comédie en trois actes... de contrition!
Cette semaine là, en quatre audiences ce furent pas moins de vingt quatre affaires de violences qui ont été évoquées au palais de justice de Boulogne sur Mer…
Pour une bonne partie d'entre elles cela consistait en des violences intra-familiales, sur conjointe ou sur conjoint ou sur enfant.
Les autres concernaient des coups et blessures sur la voie publique ou dans des lieux privés entre personnes n'ayant aucun lien de parenté, voire totalement inconnues entre elles. Le motif pouvait être banal, lié à l'alcool ou encore dans un but intéressé, comme dans les vols avec violences. Mais ces affaires là avaient souvent un point commun: à la barre les auteurs non seulement ne niaient pas les faits, quand ils étaient évidents, mais ils venaient même accomplir leur mea culpa devant une déesse de la justice d'un seul coup toute puissante à leurs yeux de pêcheurs repentants.
On a ainsi entendu des gens, qui avaient parfois sévi à maintes reprises, venir faire leur acte de contrition et promettre d'en tirer la leçon et de ne plus jamais recommencer. Et, au cas où leurs victimes auraient été présentes dans la salle, leur présenter ostensiblement leurs excuses. Avec une sincérité… euh, disons, toute théâtrale et probablement préparée.
Il restait alors à l'avocat de la défense à appuyer sur cette nouvelle corde sensible pour amadouer le tribunal. “Mon client a compris le mal qu'il a fait. Il en a pris conscience. Il se prépare à une nouvelle vie. Il va s'occuper de sa famille. J''ai apporté des attestations d'employeurs qui sont prêts à l'embaucher. Il a déjà commencé à indemniser ses victimes…”. Tout cela sous le regard désintéressé de l'avocat de la partie civile comme du représentant de l'accusation, les mêmes qui quelques minutes plus tôt réclamaient des sanctions exemplaires à l'encontre d'individus irréductibles.
Les rôles étaient distribués à l'avance aux différents acteurs, lesquels sont souvent aussi interchangeables. Quant au scénario, il est bien rodé.
De retour dans la salle après s'être absenté quelques minutes pour délibérer, le tribunal retrouvait son siège pour prononcer la sentence. Cette semaine là aucune décision n'a entraîné une peine de prison ferme que les prévenus auraient à accomplir. Mais, attention! Le tribunal a toujours tenu à avertir les condamnés au sursis que s'ils n'en respectaient pas les conditions (pas de récidive dans les deux ans par exemple) cette fois ils finiraient bien en prison. Aïe!
Euh..! Y compris celui qui était déjà en état de récidive juste avant de comparaître ce jour-là? Ben oui!
Il est vrai aussi que les prisons françaises sont pleines à craquer et qu'elles craquent souvent. Même les plus sécurisées, n'est-ce pas M. Darmanin?
En résumé, pour le spectateur dilettante, le tribunal peut ressembler à une scène de théâtre où chaque acteur a sa place et son rôle à tenir dans une ronde et une entrée en scène bien réglées.
Thémis peut enlever son bandeau. Rideau!
C'est cela aussi la justice en France.