SI TROUILLE M’ÉTAIT CONTÉE...

Et ma betterave alors?

La France, ce pays à la fois de tradition républicaine et d’essence catholique, doit compter une bonne dizaine d’occasions de faire la fête en public tout au long de l'année. 
Était-il alors vraiment utile d’aller en chercher une énième aux origines douteuses, on veut parler d’Halloween.


Drôle de fête d’ailleurs qui consiste à se maquiller de façon à faire peur et à menacer le public en lui proposant « Un bonbon ou un sort ». Le mot “sort” pouvant ainsi s’entendre par malédiction. De quoi donner la trouille...!
Drôle de fête, mais d’où vient-elle?  D’aucuns lui trouvent des origines celtiques datant d’avant notre ère ou presque. Ce qui est avéré, c’est qu’elle s’est ensuite prolongée dans les pays pratiquant la langue anglaise avant d’arriver aux États Unis au début du siècle dernier. 
En résumé, cette manifestation très américaine est l’un des derniers avatars de la culture française traditionnelle.  

Quand l'auteur de ces ligne était gamin (d’accord cela ne remonte pas à hier) on ignorait tout de cette prétendue fête et on n’en vivait pas plus mal. 
A la fin de l’année on fêtait Saint Nicolas, patron des écoliers. Cela, avant de se consacrer à la Fête de Noël. 
Ce jour-là, les margats boulonnais ne menaçaient pas leur voisinage d’un sort mais s’en allaient gentiment quémander quelque friandise en chantant O’Guénel, traduction patoisante de Au Gai Noël. Et pour ce faire, il n’était pas question de citrouille mais de betterave. Une grosse betterave sucrière qu’il fallait auparavant sculpter pour pouvoir y insérer une bougie allumée et chanter O’Guénal Grand-Père Barbot en la balançant. 

Cette tradition là a quasiment disparu. Elle s’est faite devancer par Halloween.  America first, comme dirait le fantasque président des States.
 Et, nous, braves citrouilles, on acquiesce, on laisse faire, au pire, on encourage.  
Eh oui,  moi aussi j’ai laissé tomber quelques friandises dans les paniers qu’on est venu me tendre ce vendredi soir en se cachant derrière des masques hideux.  Mea maxima culpa.  

J.G. 

Les photos ont été prises ce vendredi en la salle Les Pipots

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