LA CLE EST LÀ SOUS NOS YEUX

Enfumage et pâturages sont les nouvelles mammelles de la France

Dans un communiqué, la Confédération paysanne (plutôt marquée à gauche) s’est désolidarisée de l’action menée par les agriculteurs ce lundi devant la communauté d’agglo du Boulonnais. 

Ce syndicat agricole rappelle d’abord que « la Commission locale de l’eau du Boulonnais est pleinement dans son rôle en défendant des mesures telles que la sanctuarisation des prairies, la protection des zones humides ou encore la restriction de certains produits phytosanitaires ».

Eh, oui, la Confédération a bien découvert l'évidence. Car personne ne nie cela puisque c’est justement pour atteindre ces trois objectifs que la CLE a été créée. Le problème n'est pas là.
Puis le syndicat divergeant confirme que la gestion durable de l’eau « doit devenir une priorité absolue»
. Personne ne le nie non plus et pas davantage les agriculteurs qui ont manifesté lundi.

Bref, la Confédération aurait sans doute pu s’abstenir de publier ce texte qui laisserait croire qu’une partie du monde paysan se moque du sort commun.  Or ce lundi après-midi devant la CAB on n’a jamais entendu les manifestants protester contre la priorité donnée à une gestion durable de l’eau. 
Par contre, tous auraient souhaité être associés aux travaux préparatoires aux dites mesures puisque celles-ci risquent d’affecter leur outil de travail. A l’évidence, c’est cette absence de concertation qui avait fait défaut au sein de la fameuse CLE et qui avait déclenché la manifestation. 

Mais cela n’a rien d'étonnant quand on découvre ce qui se cache derrière l'acronyme CLE. A savoir une série de textes réglementaires que le président de la commission locale de l'eau serait bien en peine d’interpréter s’il n’était pas entouré de petits hommes gris (et petites femmes aussi) comme on les appelle. Entouré par des gens qui ne savent que pondre ou utiliser des articles sémantiquement indicibles. 
Exemples:  

Ainsi, l'article R. 212-35  du code de l’Environnement, définit plutôt sobrement, les missions du président de la CLE mais en le renvoyant tout de suite à l’article 6 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000
Thierry Cazin, le président de la CLE, a-t-il déjà étudié la dite loi et est-il en mesure d’en tirer la substantifique portée? On peut en douter.

Et puis il y a l’article R. 212-37 qui précise que le Président doit agir conformément à l’article 2-1 de la loi du 16 octobre 1919. Oui, une loi de 1919, authentique! Eh, oh, M. Cazin, vous pouvez nous la réciter cette loi qui s’impose à vous?

Et ce n’est pas tout. Il y a aussi l’article R.212-39 qui ne peut s’appliquer qu’en respectant les dispositions de l’article 12 du décret n° 2024-1098 du 2 décembre 2024… Surtout n'oubliez pas M. Cazin!  
On en passe et des meilleures.  
Voilà, rapidement résumé, dans quel contexte abscons on évolue!

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire nous viennent aisément.


Cette citation de Nicolas Boileau semble avoir été largement mise de côté par les petits hommes gris qui ont pris le pouvoir dans ce pays.

Par contre, chez les gens simples, les mots nous viennent aisément:
Tout cela n’est que de l’enfumage. 
Et la sauvegarde de l’eau a bon dos.  
Combien de temps encore notre pays va-t-il continuer de sombrer dans ces galimatias pseudos juridiques de nos technocrates surpayés?  

Et si on redonnait la parole aux gens de bon sens?  

L'heure n'est plus aux divisions camarades agriculteurs de gauche.

J.G.

 

PS: de nombreux articles de la loi du 16 octobre 1919 ont été abrogés mais la dite loi fait toujours référence.


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